Bruits de cockpit

L'aviation européenne et ses bruits de couloir.

Flybe, le transporteur régional britannique, et Air Berlin, la low-cost allemande en partie détenue par Etihad, sont entrés dans un accord de code shares. Flybe se lance ainsi dans ses premières opérations intra-européennes, tandis qu’Air Berlin profite des passagers britanniques de son nouveau partenaire pour renforcer ses opérations long-courriers.

C’est l’accord qui vient surprendre la profession. Certes, l’impact d’un accord de codeshares entre Flybe et Air Berlin ne rebat pas les cartes du transport aérien européen. Néanmoins, ce choix cohérent pour les deux compagnies aériennes pourrait donner un sérieux coup de pouce aux deux compagnies.

Flybe et ses premières routes intra-européennes

Pour Flybe, l’accord de code-shares avec Air Berlin a une forte importance symbolique. Le transporteur régional britannique n’avait jamais jusqu’à présent assuré de routes intra-européennes hors Royaume-Uni. Avec l’ouverture des routes Hanovre-Lyon et Hanovre-Milan, Flybe croît un peu plus en dehors de sa zone de confort. C’est d’ailleurs ce que souligne le DG Saad Hammad qui se félicite de pouvoir « étendre ses ventes et son réseau de distribution aux passagers régionaux européens ».

« Il s’agit d’un point d’étape important pour Flybe et nous sommes ravis d’être ici aujourd’hui » a également déclaré Vincent Hodder, le Chief of Revenue Officer de la low-cost, lors de l’inauguration de la route Hanovre-Lyon. Il s’agit en effet d’une première qui prend tout son sens dans le cadre du Brexit, avec une volonté assumée de la compagnie britannique de se concentrer sur les routes continentales.

Au-delà de cette nouveauté, Flybe va également servir de feeder à Air Berlin sur ses vols long courrier. Le marché prévoit que la britannique transportera les passagers long-courriers d’Air Berlin depuis Düsseldorf et Berlin-Tegel. En retour, Air Berlin placera ses codes marketing sur les vols de Flybe depuis Birmingham, Cardiff, Doncaster, Manchester et Southampton si ces derniers ont pour destination finale l’Allemagne.

Cela se rapproche par ailleurs beaucoup du système de feeding que Ryanair avait envisagé pour les low-cost Norwegian, voire du connecting, cette version low-cost du feeding que le spécialiste des transports Emmanuel Combes évoquait dans un article pour La Tribune.

Libéré du court-courrier, Air Berlin se concentre sur ses vols vers les Etats-Unis

Le choix de ce partenariat pour Air Berlin s’inscrit dans une forme de continuité, puisque depuis peu la compagnie low-cost (très certainement sous l’influence d’Etihad) se recentre sur les segments les plus porteurs, en réponse à une situation financière moribonde.

Elle va donc renforcer ses vols en direction des Etats-Unis avec des liaisons entre Berlin et San Francisco, Berlin et Los Angeles ou encore Düsseldorf et Orlando. Il s’agit de vols qui ont bien évidemment fait le succès de la compagnie allemande, puisqu’elle est, selon les dires de son CEO, « la première compagnie à Berlin et Düsseldorf en termes de vols vers les Etats-Unis ». Il est important de constater que ces deux routes ont pour point commun le fait que Flybe va effectuer du feeding pour les deux bases allemandes, permettant ainsi à Air Berlin de se positionner comme opérateur long-courrier avant tout.

Ce choix de se recentrer sur les deux bases et sur le long-courrier rappelle indubitablement l’information parue dans la presse précédemment selon laquelle Air Berlin allait céder à Eurowings, la compagnie low-cost de Lufthansa, équipages, avions et spots dans des bases de moindre importance.

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