Bruits de cockpit

L'aviation européenne et ses bruits de couloir.

Air Berlin poursuit sa douloureuse restructuration sous la houlette d’Etihad Airways, tandis que la compagnie du Golfe a approché TUIfly.

Coup de tonnerre ce lundi. Air Berlin, autrefois considérée comme la troisième compagnie low-cost d’Europe, a annoncé qu’elle comptait se séparer de 1000 employés afin de faire face à une situation déficitaire qui dure depuis plusieurs années. Ce remède de cheval prévoit de réduire de moitié les effectifs de la compagnie, composée actuellement de 8000 personnes. Dans ce cadre, les premiers sacrifiés seront les employés en charge des ventes et du marketing, selon les informations du quotidien allemand Sueddeutsche Zeitung.

TUIFly en renégociations avec Air Berlin et Etihad

Selon les informations de la presse, TUI Fly et Air Berlin se sont lancés dans une série de négociations sur un accord de partenariat qui avait été signé précédemment entre les deux compagnies. Cet accord permettait à Air Berlin d’opérer en wet lease une trentaine d’avions de TUI Fly. Avec les difficultés financières, il semble que ce partenariat soit chancelant. « Nous devons protéger notre intérêt économique dans le contrat Air Berlin et être sûr que la partie de nos vols assurés par Air Berlin continuent à l’être, dans l’hypothèse où la situation se dégrade davantage chez Air Berlin » a expliqué le management de TUIFly dans une lettre adressée à ses employés.

Pour l’heure, les vols assurés par Air Berlin pour le compte de TUI Fly le sont par le biais de FlyNiki, la filiale autrichienne de la compagnie low-cost. Il se murmure que la restructuration en cours auraient pour but de rassembler les vols de FlyNiki, TUIFly et 14 avions opérés par Air Berlin en wet lease. Selon les bruits de couloirs, Etihad Airways, l’actionnaire majoritaire d’Air Berlin mais aussi d’Alitalia, mènerait d’une main de fer cette renégociation.

En vue d’un éventuel rachat ? La presse avait en effet bruissé de la possibilité d’un rachat de TUI Fly par easyJet, la compagnie britannique cherchant désespérément un aéroport d’attache après le Brexit. Mais le management de TUI Fly avait démenti la rumeur, expliquant que l’entreprise était en discussions avec un autre opérateur…

Peut-être Etihad ?

Compagnie sans avions

La renégociation du contrat de TUI Fly est un coup dur pour Air Berlin, qui voit encore se réduire ses opérations.

Depuis quelques mois déjà, la situation de la compagnie Air Berlin va en s’empirant. Le champion du low-cost à l’allemande est en effet le grand perdant de la première génération de compagnies à bas coût, qui comptent Ryanair et easyJet.

Aujourd’hui, Air Berlin ne détient plus un seul avion en propre pour sa flotte : le porte-parole de la compagnie Uwe Kattwinkel ayant confirmé en juillet qu’il est « exact que la flotte d’Air Berlin est uniquement composée d’avions en leasing ». Ces déclarations jettent le trouble sur les annonces de partenariat en leasing dévoilées dans la presse quelques jours plus tôt. Air Berlin est en effet censés laisser en wet lease jusqu’à 40 avions, équipages inclus, à Eurowings, la filiale low-cost de Lufthansa. Cela implique-t-il que les contrats de leasing d’Air Berlin ont été récupérés par Eurowings ? Pour l’heure, la presse manque de précisions sur ce sujet.

C’est à se demander si la partie n’est pas perdue pour Air Berlin, tant le remède de cheval que lui procure son actionnaire du golfe frappe durement la marque. Le long-courrier apparaît désormais la seule voie de salut du transporteur qui s’est resserré sur ses hubs les plus lucratifs et opère désormais des vols transatlantiques, en partage de codes avec Flybe, qui se charge des vols continentaux européens.

Mesure de survie ou véritable modèle économique ? Le temps seul le dira.

 

 

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