Bruits de cockpit

L'aviation européenne et ses bruits de couloir.

En 2013, une violente dispute avait éclaté entre sir Stelios Haji-Ioannou, fondateur d’easyJet et actionnaire principale de la compagnie, et le comité exécutif de cette dernière. Sir Stelios avait alors contesté la méga-commande d’Airbus, prétextant du danger que faisait peser cette commande sur le chiffre d’affaire d’easyJet au cas où le contexte géoéconomique devrait changer. Une prophétie à la Cassandre qui semble se réaliser maintenant ?

De façon générale, les relations entre Sir Stelios et le comité exécutif d’easyJet ont souvent été houleuses. Le fondateur d’easyJet, souvent dépeint dans la presse comme caractériel et difficile à vivre, est également considéré comme particulièrement friand de dividendes. Toute mesure pouvant nuire au chiffre d’affaires de la compagnie low-cost qu’il a fondé, et donc in extenso des dividendes reçues par les actionnaires, était systématiquement reçue par un communiqué de presse lapidaire du fondateur historique.

Sorte d’actionnaire activiste, Sir Stelios a plusieurs fois tordu le bras à la direction, à l’image de son coup de force de février 2016 durant lequel il avait exigé et obtenu une meilleure distribution de dividendes aux actionnaires. Mais le milliardaire a également connu des échecs, à l’image de ce qu’il s’est passé lors de la méga-commande d’Airbus.

Stelios et les Airbus d’easyJet : une vieille antienne

En 2013, Sir Stelios avait perdu sa bataille contre le comité exécutif et avait échoué à convaincre que l’achat d’avions n’était pas dans l’intérêt de la compagnie. En réponse, le milliardaire avait coupé radicalement sa participation au sein de la compagnie.

Mais le temps lui a-t-il donné raison ? C’est en tout cas ce qu’il veut faire croire. Alors qu’easyJet accumule les déboires dans un contexte d’attentats et de Brexit « dur », Sir Stelios n’hésite pas à se rappeler au bon souvenir des actionnaires et de son président John Barton, qui avait défié ses recommandations à l’époque.

« Quand la commande pour la flotte a été passée auprès d’Airbus en 2013, easygroup [ndlr : le groupe de Sir Stelios au capital d’easyJet] avait dit lors de l’assemblée générale extraordinaire qu’il y avait de forte chance pour que cela soit synonyme de baisse de valeur pour l’action » a expliqué un porte-parole de Sir Stelios. Depuis, le cours de l’action est passé de 19.15£ à 878p. Une baisse drastique que Sir Stelios, par la voix de son porte-parole, ne se gêne pas pour commenter. « Cela semble indiquer que les craintes que nous soulevions en 2013 sont rapidement devenues réalités »

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